Tout savoir sur l’escalier de la gare saint charles

19/10/2026

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by admin

Le majestueux escalier monumental de la gare Saint-Charles à Marseille est bien plus qu’un simple accès au transport ferroviaire. Ouvre à la découverte d’un symbole puissant de l’histoire marseillaise, dévoilant une architecture grandiose et une richesse sculpturale qui témoignent des ambitions de la ville au début du XXe siècle. Situé entre le boulevard d’Athènes et l’esplanade de la gare, cet escalier de 104 marches relie de façon directe et spectaculaire l’un des axes les plus fréquentés de Marseille au cœur de son système de transport. Loin d’être un simple passage, il invite à un voyage dans le temps au travers de ses œuvres d’art, ses allégories et son histoire intimement liée au développement urbain et commercial de la cité phocéenne.

Pour saisir pleinement la formidable dimension de cet escalier, il faut se pencher sur son origine, son architecture, la symbolique des sculptures qui ornent ses paliers, ainsi que son impact pour les voyageurs et les visiteurs. Passons en revue sa genèse, son rôle dans l’amélioration des accès à la gare, le travail artistique derrière chaque groupe sculpté, mais aussi des conseils pour l’explorer autrement. Ce guide complet révèle les secrets d’un monument souvent survolé mais qui reste une étape incontournable pour quiconque s’intéresse à Marseille, à son patrimoine et au paysage culturel provençal.

L’origine et la construction de l’escalier monumental de la gare Saint-Charles à Marseille

À l’origine, la gare Saint-Charles, inaugurée en 1848, ne bénéficiait pas d’un accès direct au boulevard d’Athènes, l’un des grands axes urbains de Marseille. Ce manque compliquait le déplacement des voyageurs, qui devaient contourner plusieurs bâtiments, notamment ceux du Petit Séminaire, avant de rejoindre la gare. Dès 1859, des voix s’élevaient pour réclamer un accès plus direct. Adolphe Meyer évoquait déjà la nécessité d’un “gigantesque escalier, bordé de belles lignes architecturales,” afin de magnifier cet axe de communication incontournable pour la ville.

Le projet de réalisation d’un escalier monumental de liaison entre le boulevard et la gare fut officiellement lancé en 1911 par la municipalité marseillaise, dans le cadre d’un concours d’architecture visant un décor monumental. Eugène Sénès, accompagné de Léon Arnal, remporta ce concours avec un projet alliant fonctionnalité et grandeur artistique. Cependant, la Première Guerre mondiale retarda considérablement la réalisation. Ce n’est qu’après 1919, dans la perspective de la seconde exposition coloniale tenue à Marseille en 1922, que les travaux furent réellement relancés.

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Un autre élément clé dans l’aménagement de cet accès fut la démolition des bâtiments du Petit Séminaire, achetés par l’État en 1903 et restés inoccupés. Cette opération permit d’ouvrir le terrain nécessaire à la réalisation de l’ouvrage. La première pierre fut posée en 1923 et l’escalier, bien que partiellement accessible dès 1925, ne fut achevé qu’en 1927. C’est à cette date que le président Gaston Doumergue procéda à son inauguration officielle, en présence des autorités locales et nationales. L’escalier supplanta les anciens détours, offrant aux Marseillais et voyageurs un accès direct, fonctionnel et surtout esthétique à l’entrée de la gare.

Une architecture symbolique et détaillée : caractéristiques techniques et artistiques de l’escalier Saint-Charles

L’escalier monumental de la gare Saint-Charles culmine à 15,5 mètres de hauteur et compte 104 marches, entrecoupées de sept paliers aux dimensions variées. Cette structure ne se limite pas à son rôle fonctionnel de liaison, elle se présente comme une œuvre architecturale complexe où chaque détail compte. Les paliers offrent non seulement des points de repos mais aussi des espaces d’exposition permettant l’intégration de sculptures allégoriques et décoratives.

À l’extrémité supérieure, face à la gare, plusieurs sculptures attirent le regard. Sur le quai, deux groupes de statues, signés du sculpteur animalier Ary Bitter, ornent les côtés de l’escalier. D’un côté, “Le Soleil et la Mer” montre un enfant aux côtés d’un lion puissant, symbolisant la puissance naturelle et maritime de Marseille. De l’autre, “Le Monde est à l’Énergie” représente également un enfant et un lion, incarnant la vitalité et l’expansion économique de la cité.

En progressant vers le milieu de l’escalier, le visiteur rencontre un grand palier encadré par deux imposants pylônes sculptés par Auguste Carli. Ces piliers portent des allégories féminines évoquant la porte de l’Orient et Marseille, ancienne colonie grecque. Chaques femmes, vêtues de toge antique ou de chlamyde, tiennent respectivement un trident ou une statue de Diane, soulignant la richesse historique et maritime de Marseille.

Le décor prend une dimension supplémentaire avec les armoiries des villes de Marseille, Paris, Lyon, Nice et Aix-en-Provence gravées sur les faces des pylônes par Henri Martin. Ces symboles représentent la connexion entre Marseille et le reste de la France, soulignant l’importance de la gare comme nœud de transport et d’échanges culturels. Ces piliers sont couronnés de lanternes majestueuses qui ajoutent un caractère solennel à la scène.

Les sculptures et symboliques des paliers : un voyage artistique sur l’escalier Saint-Charles

L’escalier Saint-Charles est un véritable musée à ciel ouvert où l’art se mêle étroitement à l’histoire et à la géopolitique de son époque. Chaque groupe sculpté offre une narration visuelle, reflétant Marseille comme plaque tournante du commerce colonial et métropole méditerranéenne.

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Sur les rambardes des derniers paliers, six groupes en bronze réalisés par Henri Raybaud représentent les richesses agricoles et naturelles de la région Provence. Voici les thèmes développés :

  • La Moisson : célébrant la récolte des cultures céréalières.
  • Les Fruits : témoignant de la diversité fruitière de la région.
  • La Pêche : évoquant la tradition maritime locale.
  • Les Vendanges : symbole des vignobles provençaux.
  • Les Fleurs : illustrant la renommée florale de Marseille et ses environs.
  • La Chasse : rendant hommage à la faune et aux activités rurales.

Ces bronze délicats ancrent profondément l’escalier dans son terroir, rappelant aux visiteurs l’importance économique et culturelle de la Provence.

De part et d’autre du dernier palier, deux sculptures monumentales en pierre de Louis Botinelly évoquent respectivement les Colonies d’Afrique et les Colonies d’Asie. Ces groupes, composés de figures féminines allongées entourées d’enfants et d’animaux, incarnent la politique coloniale française à l’époque et la volonté de Marseille de se positionner comme porte d’entrée de ces territoires vers l’Europe. La représentation de la femme asiatique s’inspire des figures khmères, renforçant l’hommage aux arts et cultures d’Indochine, tandis que la figure africaine est entourée d’éléments iconiques comme un crâne de buffle et un masque traditionnel.

Cette scénographie sculpturale complexe, mêlant nature, colonisation et identité méditerranéenne, fait de l’escalier un témoignage artistique et historique majeur, tout en appuyant la dimension symbolique forte de ce monument.

Un accès essentiel et une expérience à vivre pour les voyageurs et touristes à Marseille

L’escalier monumental n’est pas qu’une prouesse architecturale ou un monument artistique. Il remplit quotidiennement une fonction capitale dans le système de transport marseillais, reliant efficacement le boulevard d’Athènes, artère urbaine animée, à la gare centrale de Saint-Charles. Avec ses 104 marches, il peut sembler imposant, voire intimidant, surtout pour les voyageurs chargés de bagages. Pourtant, c’est une étape incontournable pour qui souhaite saisir l’âme de la ville au moment de son arrivée ou de son départ.

Les options pour les usagers sont multiples. Depuis la gare, il est possible de prendre les escalators et ascenseurs du métro pour accéder directement au boulevard si la montée paraît difficile. Certains privilégient même l’itinéraire par le boulevard Voltaire ou le boulevard National, moins direct mais plus accessible.

Passer par l’escalier offre une expérience qui vaut chaque effort. La montée invite à une pause contemplative devant chaque sculpture, offrant une lecture enrichissante de l’histoire locale et des aspirations politiques de Marseille au XXe siècle. Entre l’agitation des trains et le rythme effréné de la ville, cette montée devient une promenade culturelle.

Pour profiter pleinement, voici quelques conseils pratiques :

  • Prévoir des pauses sur les sept paliers pour admirer notamment les œuvres d’Ary Bitter et d’Auguste Carli.
  • Manifestement, éviter les heures de pointe pour un accès plus calme et une meilleure visite.
  • Explorer également la fresque contemporaine de Fikos, visible depuis 2021 sur la façade de l’Ecomotive Café, lors de la descente.
  • Utiliser les parkings et transports en commun à proximité pour limiter la fatigue et accéder à pied depuis le boulevard d’Athènes.
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Avec ces astuces, cet escalier monumental s’impose comme un passage obligé pour les touristes passionnés d’histoire, d’architecture, mais aussi pour ceux qui veulent juste ressentir l’énergie authentique de Marseille.

Une expérience immersive unique : immersion dans les détails et récits méconnus de l’escalier Saint-Charles

Au-delà de son apparence imposante, cet escalier dissimule de nombreux détails et anecdotes qui enrichissent l’expérience de ceux qui prennent le temps d’observer. Par exemple, la journée de l’inauguration officielle en 1927 mêlait art, politique et commémoration. Outre la présence du président Gaston Doumergue, le monument aux morts d’Orient fut inauguré ce même jour, marquant le lien fort entre Marseille et ses soldats partis sur différents fronts.

Côté architecture, chaque groupe sculpté porte la signature d’artistes majeurs de l’époque : Ary Bitter, Louis Botinelly, Auguste Carli, Henri Raybaud. Cette concentration artistique fait de l’escalier une galerie monumentale au cœur de la ville. Une particularité souvent ignorée est que les lanternes au sommet des pylônes éclairent encore aujourd’hui ce passage, soulignant nuitamment la majesté de l’ouvrage.

Lors de l’inscription en décembre 2022 au titre des monuments historiques, la totalité des jardins autour de l’escalier fut également protégée. Cette zone verte offre un espace de calme et de ressourcement en plein cœur urbain, soulignant la progression sensible entre nature et architecture urbaine dans la conception du lieu.

Pour vivre une expérience authentique, il est conseillé :

  1. De débuter l’ascension tôt le matin, moment où la lumière met en valeur les reliefs des sculptures.
  2. De participer aux visites guidées proposées par des experts locaux, qui narrent les symboliques cachées et les histoires liées aux œuvres.
  3. De s’attarder sur les détails comme les armoiries des villes, les figures animales et les petits groupes en bronze qui racontent l’identité économique de Provence.

Une découverte enrichissante attend également au cours de la descente : la fresque contemporaine de Fikos, une œuvre dynamique qui contraste avec la sobriété traditionnelle de l’escalier et rappelle que cette infrastructure est toujours au cœur de la vie culturelle marseillaise.

Tableau récapitulatif des artistes et œuvres majeures de l’escalier monumental Saint-Charles

Artiste Œuvre Description Localisation sur l’escalier
Ary Bitter Le Soleil et la Mer Enfant accompagnant un lion, symbolisant la puissance maritime et naturelle. Au niveau du quai, côté gauche.
Ary Bitter Le Monde est à l’Énergie Enfant et lion représentant la vitalité économique et industrielle. Au niveau du quai, côté droit.
Auguste Carli La Porte de l’Orient Allégorie féminine vêtue de toge, tenant un trident. Grand palier intermédiaire, pilier sud.
Auguste Carli Marseille colonie grecque Allégorie féminine avec chlamyde, tenant une statue de Diane. Grand palier intermédiaire, pilier nord.
Henri Raybaud La Moisson, Les Fruits, La Pêche, Les Vendanges, Les Fleurs, La Chasse Petits groupes en bronze illustrant les produits de Provence. Rambardes des trois derniers paliers.
Louis Botinelly Les Colonies d’Afrique Femme et enfants accompagnés d’un crâne de buffle et animaux. Dernier palier, côté ouest.
Louis Botinelly Les Colonies d’Asie Femme avec enfants, lion et iconographie khmère. Dernier palier, côté est.

Quelle est la hauteur et le nombre de marches de l’escalier monumental Saint-Charles ?

L’escalier mesure environ 15,5 mètres de hauteur et comporte 104 marches, réparties sur sept paliers différents.

Est-il possible d’éviter l’escalier pour accéder à la gare Saint-Charles depuis le boulevard d’Athènes ?

Oui, pour les personnes à mobilité réduite ou celles avec beaucoup de bagages, des escalators et ascenseurs du métro desservent également cet accès, ainsi que des itinéraires alternatifs par le boulevard Voltaire ou le boulevard National.

Quels artistes ont contribué à la décoration sculpturale de l’escalier ?

Les principaux artistes sont Ary Bitter, Auguste Carli, Henri Raybaud, Louis Botinelly et Henri Martin, chacun apportant une dimension artistique majeure aux différents groupes sculptés.

Pourquoi l’escalier a-t-il été inscrit monument historique en 2022 ?

L’escalier, par son architecture exceptionnelle et son ensemble sculptural unique, ainsi que ses jardins, a été reconnu en 2022 comme un élément remarquable du patrimoine culturel marseillais, méritant une protection officielle.

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